Articles Tagués ‘guerre’

L’art de la guerre

6 mai 2012

Voici le début de la collection des deux chinois Li Zhiqing et de Li Weimin « L’art de la guerre » aux Editions du Temps (collection Toki). Leurs auteurs ont tenté un défi qui intéressera les amateurs de la culture asiatique : transcrire sous forme narrative ce monument de la littérature chinoise.

En effet, l’art de la guerre est une œuvre littéraire majeure de stratégie militaire qui a marqué l’histoire militaire. De manière systématique, l’auteur donne des principes généraux pour dominer ses ennemis, idéalement, sans verser une goutte de sang. Dans le cas contraire, les apprentis généraux trouverons des conseils pour emporter la bataille. Ce livre écrit au 5ème siècle avant Jésus-Christ, fut traduit au 18ème siècle par le père Amiot, jésuite, et fut le livre de chevet de Napoléon qui s’en est inspiré.

Les fans de mangas seront servis avec la forme narrative typique inspirée des mangas japonais exagérément expressive, une finesse dans le trait et un souci du détail dans les paysages. On y retrouve l’atmosphère à la fois feutrée et violente du film « la cité interdite » de Zhang Yimou.

Attention, c’est un peu violent. La collection (10 volumes annoncés) suit malgré tout l’ensemble de l’original. Idéal pour compléter la lecture du livre de Sun Tzu et découvrir l’histoire de la Chine.

L’art de la guerre (D : Li Zhiqing ; S : Li Weimin), Série en 10 volumes publiée aux Editions du temps, collection « Toki », le tome 8 a été édité en France en avril 2008

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Merci à Bencop pour cette nouvelle lecture !

C’était la guerre des tranchées

25 avril 2012

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Avec la parution des « Sentinelles » chez Robert Laffond et « le cœur des batailles » chez Delcourt, l’approche décalée de la guerre de 14-18 semble tenter les scénaristes… C’est l’occasion de redécouvrir l’apport unique de Tardi sur cette Grande Guerre qui n’a cessé de l’obséder par grand-père interposé.

Le graphisme en noir et blanc, les vignettes statiques, le face à face qu’il ne cesse de créer entre le lecteur et les poilus qui parlent ici « comme en direct » font de ce volume une référence fascinante sur la boucherie de cette « guerre des tranchées ».

Vous n’aurez pas droit au petit théâtre en carton qui accompagnait la première édition de « trou d’obus » chez Imagerie Pellerin en 1984, mais en vous engouffrant dans ces pages vous serez contemporains de l’anéantissement par lequel toute une génération est passée.

C’était la guerre des tranchées, Tardi, Casterman, Janvier 1993

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La Guerre d’Alan

24 avril 2012

Trois tomes pour le récit de la vie d’Alan Ingram Cope qu’Emmanuel Guibert avait commencé à nous raconter en avril 2000.

Alan est un américain qui vit en France. De sa rencontre avec Emmanuel Guibert est né ce récit sur la deuxième guerre mondiale tel qu’il la vécue. Une guerre, pour lui, non pas de tant de bruits et de fureurs, car il a débarqué à Dunkerque en février 45, le jour de ses 20 ans. Mais une guerre faite de petits événements précieux, de moments inattendus, d’amitiés et de rencontres perdues, retrouvées, qui font se dévoiler autrement la vie.

L’amitié qui lit les deux hommes est palpable dans la qualité, la finesse et l’intimité de l’approche d’Emmanuel Guibert. Ses planches ont la retenue et l’élégance d’un respect pour cette vie qui s’éclot avec étonnement.

Graphiquement c’est une belle leçon, très riche dans la variété de ses approches : tout un art du récit !

La Guerre d’Alan – 3 tomes (scénario et dessins d’Emmanuel Guibert, d’après les souvenirs d’Alan Ingram Cope), L’Association, collection « Ciboulette », mars 2008, 122 pages

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Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles

23 avril 2012

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Chronique d’une journée de 1984 passée à attendre le retour de ses parents dans l’entrée d’un appartement sur la ligne de démarcation à Beyrouth Est en pleine guerre…

Cette guerre a déjà six ans lorsque Zeina Abirached nait au Liban, sur cette ligne verte qui sépare les quartiers Est et Ouest. Elle nous raconte une vie entre conteneurs et sacs de sable, où les habitants d’un immeuble se retrouvent dans une pièce minuscule couverte d’une tenture géante pour vivre, pour survivre, avec le bruit des obus qui partent et qui tombent, la tonalité capricieuse du téléphone, le souvenir de la vie d’avant, le rêve ou le refus d’un départ.

Le graphisme en noir et blanc, tout en rondeur faussement naïve, pourrait faire penser, à premier regard, à celui de Marjane Satrapi dans Persépolis. C’est en effet le même enjeu autobiographique d’une jeune femme qui raconte…  Mais, la comparaison s’arrête là : le huit clos dans l’immeuble impose ici un autre rythme, comme une lenteur palpable qui induit une sobriété, un statisme, en une géométrie de ronds et de carrés remarquable.

C’est une intimité qui nous accueille le temps d’une nuit.

Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles de Zeina Abirached, Ed Cambourakis, Octobre 2007, 186 pages 24cm x 16cm

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UW1

19 avril 2012

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Universal War One fait partie des anthologies de la BD.  Ses six volumes forment une série majeure de la Bande Dessinée de science-fiction. Jusqu’au bout le lecteur est tenu par le récit, jusqu’au bout  Denis Bajram tire les ficelles d’un univers unique où tout se tient pour la plus grande joie du lecteur !

Tout commence avec une sphère qui obstrue une partie du ciel. S’agirait-il d’un trou noir ? L’escadrille « Purgatory » qui, comme son nom l’indique, est une concentration de têtes brûlées, est chargé des sondages de ce que l’on appelle « le Mur »… Ainsi va commencer la Première Guerre Universelle.

Vaisseaux spatiaux, enjeux diplomatiques, remontée dans le temps, réflexion sur la destinée des hommes et leurs mythes fondateurs, dénonciation politique et technologique, grande trajectoire humaine, trahison et fidélité, lâcheté et repentance, planches au graphisme somptueux font de cette série un grand moment de jubilation, de « la Genèse » au « Patriarche » !

Universal War One, de Denis Bajram, Editions Soleil, Collection “Quadrant solaire”, en six tomes de décembre 1998 à juin 2006


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Maus

15 avril 2012

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Ces deux volumes sont devenus un classique de la Bande Dessinée, un classique à lire et à relire tant ces pages sont fortes d’émotion et de transmission.

L’auteur, Art Spiegelman, décide de mettre en dessin l’histoire de son père, survivant des camps de concentration nazis. Il choisit pour cela de dessiner les protagonistes de ce drame sous la forme d’animaux : les souris pour les juifs, les chats pour les allemands, les porcs pour les polonais… Il ne s’agit pas simplement d’un pieds de nez à Mickey, mais d’une réflexion sur l’animalité de l’homme.

Au lecteur de faire son travail d’appropriation aidé par la lucidité de l’auteur vis-à-vis des tics de son survivant de père, par la distance que les dessins arrivent à tenir face à tant d’horreurs innommables et irreprésentables, par la sobriété pleine d’humour des planches qui ne cherchent pas à prendre en otage.

Une œuvre majeure !

Maus d’Art Spiegelman édité chez Flammarion en janvier 1987 et octobre 1992

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Le sang des Valentines

9 avril 2012

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Comme dans toutes les œuvres de Christian de Metter, il y a d’abord la beauté de ses planches : les couleurs directes, le ton pastel de certains passages, les lettres illustrées qui donnent leur nom à cet album. C’est dans une atmosphère que le lecteur se trouve plongé, à fleurs même des émotions des personnages. Les pages se hissent vers l’œuvre d’art.

De retour des tranchées de 14-18, Augustin apprend que son épouse est décédée. Ils avaient pourtant échangé de longues lettres durant toute la guerre. Il découvre alors quelle autre femme a entretenu cette correspondance abondante du loin de ses Pyrénées natales…

Par delà un scénario très sombre, par delà la mort et la souffrance, c’est une école de tendresse qui attend le lecteur de cette histoire

Le sang des Valentines (D : Christian De Metter ; S : Catel) , Casterman, Collection « Univers d’auteurs », janvier 2004, 56 pages

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La lecture des ruines

3 avril 2012

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En 1917, Jan Van Meer, agent des services secrets alliés et folkloriste intéressé par les superstitions liées à la guerre, parcourt l’Europe à la recherche de l’ingénieur Hellequin.

Inventeur du canon à rêves et autres armes futuristes celui-ci a disparu. Pendant ce temps, l’insaisissable ingénieur met au point un système de lecture des ruines, persuadé que l’esprit de la guerre nous envoie ainsi des messages.

Tout au long de sa quête Jan Van Meer va rencontrer la violence sous différentes formes : violence de la guerre, violence de la pègre des bas-fonds londoniens, violence des trahisons… Mais au coeur de ce déchaînement une histoire d’amour va naître. La vie dans sa fragilité extrême arrivera-t-elle à être plus forte que la mort omniprésente ?

Le dessin élégant et sobre de David B. sert à merveille cette histoire. La couleur, utilisée pour la première fois dans un de ses albums, accentue le côté sombre de la guerre et donne comme une densité supplémentaire aux dessins.

On peut aimer cet album pour son imagination délirante, pour son style graphique, pour son approche de la Grande guerre et pour… ce que vous y découvrirez personnellement.

La lecture des ruines de David B. chez Dupuis, Collection « Aire libre », novembre 2001, 80 pages

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Une lecture envoyée par Igor. Merci de sa fidélité !

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Dix de Der

10 février 2012

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Humour et tragique se croisent une fois de plus sous le pinceau de Comès.

En un zeste de communication vers l’au-delà, les Ardennes et la contre-offensive allemande sont l’occasion pour une nouvelle réflexion sur la vanité des conflits et sur les hommes qui s’y broient.

Avec son monde en noir et blanc, ses encrages aux effets lumineux, Comès nous met au diapason de trois fantômes qui attendent dans leur trou un quatrième protagoniste qui leur permettrait de faire une belote. Les dialogues se font savoureux et métaphysiques, accompagnant le lecteur dans cette descente au pays de la mort joyeuse.

« Et Dieu dans tout ça ? » interroge un des corbeaux… tandis que le Christ triche aux cartes… A savourer sous la neige qui tombe…

« Dix De Der » de Didier Comès chez Casterman, Octobre 2006, 56 pages

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Les derniers corsaires

9 février 2012

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Le dessin avec ses variations de tons entraîne immédiatement le lecteur dans un monde d’autrefois : celui d’un sous-marin anglais durant la Deuxième Guerre mondiale. S’inspirant de faits réels, le huit clos et le contexte des combats offrent une réflexion sur la confrontation des tempéraments entre le capitaine Wallis et son second Wolf, sur le drame des choix et des devoirs d’un commandant.

Pression, ambition, stratégie sont au rendez-vous dans un graphisme qui rappelle celui de Blain et une atmosphère à la « Black et Mortimer ». Le roman d’aventure s’approfondit en un drame psychologique où l’honneur s’offre une seconde chance…

Voilà une superbe entrée dans la BD québécoise, avec un dossier final qui ouvre de façon surprenante la destinée tragique du « Thorn »…

Les derniers corsaires, (D : Jocelyn Houde; S : Marc Richard), Edition de La Pastèque, avril 2006, 62 pages

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