Archive pour la catégorie ‘One-shot’

Saïgon – Hanoï

11 mai 2012

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La BD du 31 décembre ! C’est beau ! C’est fort ! C’est magique !

Cosey propose, en un album, une extraordinaire soirée de fin d’année : le récit croisé d’images d’un reportage diffusé sur la télévision et d’une conversation téléphonique. D’un côté, une enfant de 11 ans qui veut parler et, de l’autre, un vétéran du Vietnam au retour d’un voyage de réconciliation avec son passé.

La magie du dessin de Cosey fait merveille pour donner à ce banal coup de fil la dimension d’un conte réaliste sur la magie d’une rencontre, de ces liens qui se tissent en quelques mots échangés.

Saïgon – Hanoï, de Cosey, Dupuis, Collection Aire Libre 1992

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La Tour

9 mai 2012

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Si vous acceptez d’entrer dans le rythme de cet album, vous saurez accompagner la route solitaire de Giovanni Battista, apprendre avec lui les secrets de cette tour dont il est un des rouages. Vous saurez se laisser dévoiler les enjeux humains et spirituels de cette soeur jumelle de la tour de Babel qui semble être tombée dans l’oubli.

La grande maîtrise des dessins fait de cette quête architecturale un splendide itinéraire fantastique et métaphysique. Le noir et blanc des pages ajoute à cet envoutement.

La Tour, (S: Benoït Peeters; D: François Schuiten) Casterman, 1987

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Si Dieu le veut

5 mai 2012

Claude Lelouch fait maintenant dans la Bande Dessinée… et comme le veut l’expression… cela fait « louche » sur une couverture… et quand vous ouvrez l’album la naïveté du dessin vous fait dire que vous aviez raison de vous dire que c’était… « louche » !?!

Et puis voilà, vous vous mettez à feuilleter l’album, histoire de voir si l’histoire résiste… et là vous tombez sur une intrigue qui traite de la manipulation, de ce qui pousse les gens à agir, à dépasser leurs petits intérêts, de la façon dont nous enfermons Dieu dans certains rêves de destin et de toute puissance…

Alors vous relisez cet album, vous vous dites que l’idée est vraiment bonne et vous oubliez la ligne claire, les traits trop anguleux, les couleurs classiques et vous tombez vous aussi dans la manipulation…

Mais la prochaine fois, M. Lelouch ne laissez pas des voix divines vous dicter votre dessinateur… demandez à vos vrais amis !?!

Si Dieu le veut (S : Claude Lelouch ; D : Bernard Swysen) Emmanuel Proust éditions, août 2008

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Maupassant

3 mai 2012

En avril 2008, les éditions Mosquito ont réédité l’album de Dino Battaglia sur des nouvelles et des récits de Maupassant. L’atmosphère unique de cette écriture est magiquement servie, rendue, prolongée par les dessins en noir et blanc de Battaglia, un des grands maîtres italiens de la BD transalpine, à l’œuvre aussi typée que celle de Sergio Toppi ou de Guido Crepax.

Vous y retrouverez Mademoiselle Fifi, Boule de suif, Mère Sauvage, et les sauvageries banales, étranges, quotidiennes de la guerre de 70 avec des cadrages, des dégradés superbement évocateurs !

Maupassant de Dino Battaglia chez Mosquito, avril 2002 réédité en avril 2008, 108 pages (23×30)

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Tout seul

30 avril 2012

Lu par Farff :

Un conte, un poème, je ne sais pas quel mot décrit le mieux cette BD où l’imagination est le personnage principal.  Seul dans un phare un homme vit sa vie… seul son dictionnaire lui permet de s’évader de sa prison…

On ne se lasse pas de relire cette BD, de l’ouvrir à une page au hasard pour y redécouvrir les planches comme le fait si bien le personnage de cette BD.

Très peu de texte, un trait fin en noir et blanc, ce sont les détails qui construisent la trame de cette histoire. Je la rapprocherais de “Là où vont nos pères” même si le dessin est très différent.

Si vous voulez vous évader, vous laisser entraîner par le rythme des vagues, plongez-vous dans ce conte !

Lu par Percevoir :

Des pages de silence, de vent et de temps. Des planches entières sans parole avec comme seul rythme la beauté répétitive des traits en noir et blanc, le travail des expressions, des attitudes des personnages.. Que cela fait du bien ! Quel art !

Ce nouvel album de Chabouté nous plonge dans l’énigme d’une vie dont le navire immobile est une phare. Son capitaine n’a jamais mis pied à terre, voguant à coup de mots trouvés au hasard d’un dictionnaire. 50 années au ras des flots, entre poissons, embruns et mouettes…

Merci à « Vents d’Ouest » d’accepter de publier de telles planches où le dessin de Chabouté peut prendre le rythme de cette atmosphère dans laquelle il nous convie d’entrer, de cet autre temporalité à laquelle il veut nous convier. L’encrage noir peut ainsi venir trancher à perte de blanches pages déployant en une densité palpable l’univers de ce phare.

Un chef d’œuvre sur l’énigme de l’humanité !

Tout seul de Christophe Chabouté chez Vents d’Ouest, paru en septembre 2008, 376 pages au format 17×24,5

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C’était la guerre des tranchées

25 avril 2012

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Avec la parution des « Sentinelles » chez Robert Laffond et « le cœur des batailles » chez Delcourt, l’approche décalée de la guerre de 14-18 semble tenter les scénaristes… C’est l’occasion de redécouvrir l’apport unique de Tardi sur cette Grande Guerre qui n’a cessé de l’obséder par grand-père interposé.

Le graphisme en noir et blanc, les vignettes statiques, le face à face qu’il ne cesse de créer entre le lecteur et les poilus qui parlent ici « comme en direct » font de ce volume une référence fascinante sur la boucherie de cette « guerre des tranchées ».

Vous n’aurez pas droit au petit théâtre en carton qui accompagnait la première édition de « trou d’obus » chez Imagerie Pellerin en 1984, mais en vous engouffrant dans ces pages vous serez contemporains de l’anéantissement par lequel toute une génération est passée.

C’était la guerre des tranchées, Tardi, Casterman, Janvier 1993

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Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles

23 avril 2012

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Chronique d’une journée de 1984 passée à attendre le retour de ses parents dans l’entrée d’un appartement sur la ligne de démarcation à Beyrouth Est en pleine guerre…

Cette guerre a déjà six ans lorsque Zeina Abirached nait au Liban, sur cette ligne verte qui sépare les quartiers Est et Ouest. Elle nous raconte une vie entre conteneurs et sacs de sable, où les habitants d’un immeuble se retrouvent dans une pièce minuscule couverte d’une tenture géante pour vivre, pour survivre, avec le bruit des obus qui partent et qui tombent, la tonalité capricieuse du téléphone, le souvenir de la vie d’avant, le rêve ou le refus d’un départ.

Le graphisme en noir et blanc, tout en rondeur faussement naïve, pourrait faire penser, à premier regard, à celui de Marjane Satrapi dans Persépolis. C’est en effet le même enjeu autobiographique d’une jeune femme qui raconte…  Mais, la comparaison s’arrête là : le huit clos dans l’immeuble impose ici un autre rythme, comme une lenteur palpable qui induit une sobriété, un statisme, en une géométrie de ronds et de carrés remarquable.

C’est une intimité qui nous accueille le temps d’une nuit.

Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles de Zeina Abirached, Ed Cambourakis, Octobre 2007, 186 pages 24cm x 16cm

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Le complot

22 avril 2012

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Will Eisner, ce géant du Comic américain signe un bel album sur la plus grande intoxication du 20ème siècle : celle qui consista à imaginer un « complot juif » par la fabrication « Du protocole des sages de Sion ». Nous apprenons les origines de ce livre malheureusement toujours régulièrement édité.

C’est, en effet, un plagiat du livre de Maurice Joly, « Dialogue entre Machiavel et Montesquieu » qui fustige la politique de Napoléon III. Concocté par les services secrets du Tsar Nicolas II pour le pousser à renoncer à une politique libérale de modernisation au début du XXème siècle, il fut rapidement édité. Bien évidemment, ce « protocole » fut largement exploité par le régime Nazi et contribua a attiser la haine contre les juifs aussi bien en Allemagne que dans toute l’Europe.

Le dessin monochrome de W. Eisner illustre merveilleusement le propos de l’auteur qui varie entre l’enquête historique et le récit graphique plus classique.

Nous regretterons cependant la manière dont l’auteur imagine la psychologie des personnages qui semble manquer de subtilité voire d’ambiguïté.

Ce livre, préfacé par Umberto Ecco, ne fait pas que raconter une histoire, il fait la lumière sur un mensonge qui encore aujourd’hui produit ses méfaits. Il montre comment une imposture, même révélée, peut continuer à diffuser son poison parce que pour les tenants de l’antisémitisme, un mensonge devient la vérité lorsqu’il sert à illustrer leurs propos.

Le Complot, L’histoire secrète des protocoles des sages de Sion, Will Eisner, Grasset, Paris, Novembre 2005

Lecture envoyée par BenCop !  Merci de sa fidélité !

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Bouche du Diable

21 avril 2012

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De l’art de mêler espionnage et spiritualité : un chef d’œuvre en la matière où l’intrigue policière accompagne un itinéraire intérieur.

Le réalisme accentué des dessins de Boucq souligne avec force cette fresque de l’endoctrinement soviétique d’un orphelin qui ne cesse d’être contrôlé, surveillé même lorsqu’il est envoyé en mission à l’étranger. Sa rencontre avec un grand chef indien, ouvrier comme lui dans une entreprise de construction de grattes ciel, va faire prendre un nouveau tournant à ses dons de médium…

Comme quoi BD et icone peuvent se rencontrer avec majesté !

Bouche du diable (S : Jérôme Charyn, D : François Boucq), Casterman, janvier 1990

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Le Fils de l’Ogre

20 avril 2012

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J’avais envie de traiter le penchant pour la cruauté que peut avoir l’être humain

Grégory Mardon est avant tout connu pour ses chroniques urbaines et intimistes. Il a su conquérir son public avec des récits comme « Corps à Corps » ou « Incognito ». En abordant un conte moyenâgeux, l’auteur conserve son art de l’atmosphère, sa capacité à suggérer ce qui hante nos êtres intérieurs.

Ses planches en noir est blanc sont les sombres enluminures des aventures d’un orphelin à la violence encore inassouvie. Les riches heures de ses conquêtes n’éteindront jamais la source sombre de sa fougue guerrière. Le destin est aussi cruel que facétieux lorsqu’il s’agit de trouver le repos de âme !

Grâce au dessin, ce conte a la force et les accents de l’expressionnisme allemand auquel Grégory Mardon se réfère explicitement : quelle terrifiante leçon !

Du grand art : pour le dessin comme pour la narration !

Le Fils de l’Ogre de Grégory Mardon édité chez Futuropolis, en janvier 2009, 72 pages (21,5 x 29 cm)

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