Articles Tagués ‘roman graphique’

le Roi cassé

18 mai 2013

le-roi-casse-cv.jpg

Pour amateur de surréalisme !

Tragédie, humour, absurdité et réflexion tout s’entremêle le temps de cet album où la mort, écoeurée par tant de massacres, propose de modifier le cours de l’histoire !

Nous sommes à quelques minutes de l’armistice et nous assistons à la mort de la dernière victime de la guerre des tranchées. Simon Virjusse n’en est qu’au début de ses surprises qui vont l’embarquer dans d’étranges stratégies gouvernementales, militaires et métaphysique.

Si la mort, elle, a fait une erreur, Nicolas Dumontheuil, lui, signe un ouvrage très plaisant et très attachant pour les lecteurs qui accepteront de se laisser dérouter par les caprices du destin !

Le Roi cassé, de Nicolas Dumontheuil, Casterman collection « Univers d’auteurs », août 2005, 96 Pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

le-roi-casse-pl-a.jpg le-roi-casse-pl-d.jpg le-roi-casse-pl-g.jpg

Abdallahi

27 avril 2013

Ces pages sont une libre reprise du voyage qu’entreprend René Caillié, en 1824, pour rejoindre, en traversant l’Afrique, la ville alors interdite et donc mythique de Tombouctou.

Les pages peintes en couleurs directes sont de toute beauté, respirant la chaleur moite et poussiéreuse, rendant la luminosité brûlante du désert, plongeant à même la folie du pèlerin solitaire.

Le récit suit l’attente de celui qui doit d’abord se confondre dans une tribu musulmane pour mieux se faire passer pour Abdallahi, « le serviteur de Dieu », fils d’Égyptien enlevé par les Blancs, esclave affranchi qui veut retourner sur sa terre natale. Il y a la longue marche de 4.500 kilomètres, le menant d’Alger jusqu’en Ethiopie, avec la rencontre des négriers, le compagnonnage d’Arafanda. Il y a la confrontation de l’homme avec lui-même, avec la foi et les démons qu’ils s’inventent…

Une jubilation pour les yeux, un grand moment d’histoire et une belle interrogation sur l’homme !

Abdallahi, Série complète en 2 Tomes (S : Christophe Dabitch ; D : Jean-Denis Pendanx) chez Futuropolis, T.1 édité en février 2006, T2 édité en novembre 2006 (88 pages et 96 pages)

Pour acheter le tome 1 sur Amazon, cliquez ici.
Pour acheter le tome 2 sur Amazon, cliquez ici.
Pour acheter l’intégrale sur Amazon, cliquez ici.

Mâle de Mer

25 avril 2013

male-de-mer1

Que c’est beau ! Que c’est fort !

Jamais une Bande Dessinée n’a autant mérité d’être appelé un roman graphique : le texte de Laetitia Villemin a la densité, la rythmique d’un texte poétique, entêtant, martelant cette histoire d’orpheline aux rencontres improbables ; quant au dessin de Guillaume Sorel, il est aussi dense en atmosphère qu’en finesse descriptive.

Quel chef d’œuvre !

Ephémère, la belle Ephémère de Doëlan, en Bretagne, est de celle que le destin scelle dans l’abandon : par le décès trop tôt venu de sa mère ; par la disparition de son marin de père, enfermé dans son silence ; par la fuite de son bel étranger puis par la lâcheté du fils qui naît de cette rencontre.

Gravé dans le blanc des pages, le noir des dessins de Guillaume Sorel est superbe. En l’absence de ces couleurs qui faisaient la splendeur d’albums comme « Typhaon » et de « L’Île des morts », son trait se hisse à la beauté poétique comme, dans un autre graphisme, Baudouin avait sû le faire avec "Voyage". Quel univers !

Cet album ne laissera personne indifférent. Certains trouveront le texte trop alambiqué, d’autres le dessin trop dénudé… mais pour Idées BDs c’est un album "phare" !!!

Mâle de Mer, (S : Laetitia Villemin ; D : Guillaume Sorel) édité chez Casterman Collection « Ecritures » en janvier 2009, 152 pages format 17,2×24

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

male-de-mer-pl-1 male-de-mer-pl-2 male-de-mer-pl-3

La 27e lettre

21 avril 2013

la-27e-lettre-cv.jpg

Pendant que le nazisme gangrène tout à Berlin, un enfant des rues va trouver refuge dans une maison close de luxe. Ce monde va l’aider à grandir comme lui-même va aider ce petit monde grâce à son don pour rêver et pour raconter.

Cet album fonctionne comme un piège pour son lecteur. L’histoire a le ton simple et clair de ses dessins. Derrière ce qui pourrait n’être que naïveté, se joue le drame d’une histoire et d’une vie… car chacun sait que dans les camps de concentrations nazis il n’y avait pas de place pour les belles histoires qui se finissent bien !

Une belle leçon pour ceux qui croient au pouvoir des mots et du récit !

La 27e lettre (D : Will, S : Stephen Desberg) chez Dupuis, Collection  « Aire Libre », juin 1990, 56 pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

la-27e-lettre-pl-1.jpg la-27e-lettre-pl-2.jpg

Super Spy

18 avril 2013

340 pages pour renouer avec le mystère de l’espionnage…

S’il est devenu à la mode de parler de roman graphique pour un album de BD… eh bien Super spy mérite véritablement cette appellation : par son graphisme, par les destins croisés qu’il s’ingénie à mêler d’un court chapitre à l’autre, tissant une incroyable toile d’araignée où personnages et lecteur sont lentement englués, capturés.

340 pages pour évoquer les missions dangereuses, naïvement héroïques ou insensément banales durant la deuxième Guerre Mondiale. 340 pages pour évoquer le Caire, Stalingrad, le temps d’une infiltration, le temps d’une rencontre. 340 pages aux couleurs d’un autre temps passé qui ne vous laisseront pas au bout de vos surprises !

Un gros livre qui a la délicieuse saveur des vieux films des années cinquante… à vous de voir si vous voulez le lire dans l’ordre des pages ou dans celui des dossiers !?!

Super spy de Matt Kindt aux éditions Futuropolis, août 2008, 336 pages (14,5×21 cm)

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

Quartier lointain

6 avril 2013

quartier-lointain-cv1.jpg quartier-lointain-cv2.jpg

Un grand classique !

 

En rentrant du travail, un homme, au milieu de sa vie, se trompe de train. Au lieu de rentrer chez lui, il prend la ligne qui le ramène à son village d’enfance. Il en profite pour se recueillir sur la tombe familiale. Il s’endort dans le cimetière et, se réveille dans le passé, au même endroit mais dans son corps d’adolescent. Il comprend qu’une seconde chance lui est donnée : il peut revivre des événements passés tout en profitant de son expérience d’homme mûr. Un objectif s’impose à lui : empêcher la fuite de son père du domicile familial, et essayer d’en comprendre la raison.

Il redécouvrira avec des yeux nouveaux ce que fut sa vie d’adolescent, sa vie de famille, ses amis et son premier amour d’adolescent. L’histoire prend alors un air de tragédie : il voit se rapprocher le jour de la disparition de son père sans pouvoir empêcher l’inévitable. La chance qu’il reçoit ne consiste pas à changer le passé mais à comprendre la profonde proximité du père et du fils traversant une même crise existentielle.

Le dessin en noir et blanc de Jirô Taniguchi est d’une grande beauté toute asiatique. A travers des paysages silencieux, des pauses dans la narration, l’auteur sait nous faire éprouver une certaine nostalgie d’un passé révolu, la joie simple d’une vie offerte et la difficulté de traverser une vie qui semble s’imposer par les multiples contraintes qu’elle recèle. C’est un merveilleux roman graphique à conseiller largement.

Quartier lointain, de Jirô Taniguchi, chez Casterman, septembre 2002 à mai 2003, novembre 2005 pour l’intégrale

 

Billet de lecture envoyé par BenCop ! Merci de sa contribution !

Pour acheter le tome 1 sur Amazon, cliquez ici.
Pour acheter le tome 2 sur Amazon, cliquez ici.
Pour acheter l’intégrale sur Amazon, cliquez ici.

Trait de craie

6 mars 2013

Amis dévoreurs de Bd ou esthètes dégustateurs de perle rare, ne vous engagez dans cette aventure si vous n’aimez pas les récits qui ne se finissent pas ou, pire pour certains, les récits qui laissent toute grande ouverte la porte de leur univers !

Car cet album est une étrange aventure sur une petite île qui apparaît tel un « trait de craie » perdu au milieu de l’océan. Pol y débarque avec son voilier après deux jours de tempête. Un phare désaffecté, une auberge épicerie, un autre bateau qui vient d’accoster tel est le monde qui s’offre aux yeux du plaisancier. La tenancière Sara, son fils énigmatique, des goélands morts ensanglantés peuplent, avec la nouvelle arrivante, Ana, cet ilot intriguant.

Avec un usage singulier des couleurs, quelques traits, quelques touches, les planches sont de véritables tableaux tout en finesse mais aussi à jamais envoûtants, énigmatiques, maintenant sans cesse le lecteur entre rêve et réalité. C’est beau, c’est frais et soudain, dur, oppressant, déconcertant. Sans cesse notre lecture bascule sans trop savoir ce qui se trame en ses relations exacerbées par ce lieu clos.

Bref, un récit réservé aux grands navigateurs de l’âme humaine qui acceptent d’être déboussolés et blackboulés dans leurs aventures d’explorateurs !

Trait de craie de Miguelanxo Prado chez Casterman, première édition en août 1993, 82 pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

Ibicus

1 mars 2013

Ibicus ? C’est le litre d’un roman d’Alexis Tolstoï datant des années 20 que Pascal Rabaté achète par erreur aux puces… croyant découvrir une œuvre de l’auteur de "Guerre et Paix" qui, lui, s’appelle Léon Tolstoï !?! Et ce fut le coup de foudre… qui valut au dessinateur, pour le Tome 2, le Prix du meilleur album de l’année 2000 à Angoulême.

Cette libre adaptation se révèle être une très grande œuvre graphique, une histoire époustouflante sur l’imposture !

Siméon Ivanovitch Nevzorov, comptable à Petrograd, s’ennuie au lit, au bureau. Il rêve et voilà que la Révolution de 1917 va lui apporter sur un plateau ces aventures qu’il désirait tant mais qu’il repoussait. Son cynisme et son opportunisme vont pouvoir s’en donner à cœur joie ! La prédiction d’une vieille gitane se met enfin en place. Elle lui avait révèlé qu’il était né sous le signe du crâne qui parle : l’ibicus, et lui avait donc prédit que lorsque le monde s’écroulerait dans le feu et le sang il vivrait des aventures extraordinaires, mais qu’il serait riche !

Le voici embarqué jusqu’en Turquie dans un voyage plein de péripéties, d’arnaques, de violence, de misère, de sexe et de drogue ! C’est cruel, dérisoire, amoral ! C’est passionnant ! L’âme humaine y est ici rendue dans sa noirceur et son malheur !

A la fois peinture, à la fois théâtre de papier, le dessin en noir et blanc avec ses clairs-obscurs, avec ses angles fuyants, distordus, avec ses découpages ou ses larges plages, épouse le destin torturé du personnage, ses fuites, ses lâchetés. Pascal Rabaté fait feu de tout "bois" en mélangeant les techniques graphiques. Il lave et délave ses feuilles ou les épaissit de matière. Passant du lavis à la peinture, traçant en finesse des courbes au pinceau ou jetant la gouache comme au couteau, il s’arrête au minuscule comme il campe des panoramiques impressionnants avec des champs et des contrechamps, des formes stylées ou distordues, des nets ou des flous. Quel souffle !

Du très grand art expressionniste !

Ibicus, Série complète de 4 tomes de Pascal Rabaté, Vents d’Ouest édités de juin 1998 à novembre 2001, édition intégrale de 536 pages en novembre 2006

Pour acheter le tome 1 sur Amazon, cliquez ici.
Pour acheter le tome 2 sur Amazon, cliquez ici.
Pour acheter le tome 3 sur Amazon, cliquez ici.
Pour acheter le tome 4 sur Amazon, cliquez ici.
Pour acheter l’intégrale sur Amazon, cliquez ici.

Perramus

28 janvier 2013

La dictature militaire argentine dans toute sa sombre folie et sa sinistre dérision !

Le dessin d’Alberto Breccia façonne l’allégorie d’un univers plongé dans la censure et les réactions totalitaires. Sa maîtrise du noir et blanc rend ces pages fascinantes, envoûtantes : de véritables chefs d’œuvres graphiques.

Le lecteur se trouve happé par une gigantesque fresque onirique qui va le submerger comme les fantômes de l’oppression lorsqu’ils sont partout et embrouillent la réalité. La lecture se fait alors dense et décousue, à la suite de Perramus, homme sans mémoire…

C’est juste après la chute de la dernière junte militaire, sûrement la plus sanglante qu’ait connu l’Argentine, qu’Alberto Breccia réalise, avec le romancier Juan Sasturain, ce « cauchemar halluciné » de plus de trois cent planches. Au delà de l’Argentine, il entend s’attaquer à tout impérialisme, notamment avec la figure d’Henry Kissinger et son Superman offrant une soupe populaire au goût de Coca-Cola…

La Bande Dessinée faite œuvre d’art et de mémoire !

Perramus , Série Complète en 4 volumes (D : Alberto Breccia, S : Juan Sasturain), Glénat, collection « Grands Chapitres », d’octobre 1986 à septembre 1991

Pour acheter le tome 1 sur Amazon, cliquez ici.
Pour acheter le tome 2 sur Amazon, cliquez ici.


Incertain Silence

14 janvier 2013

Ces planches sont consacrées à Joe, un sosie de Buster Keaton, peintre muet et itinérant en ce début de siècle.

Sa rencontre avec Jim, poète bavard et lourd, va troubler son errance et le faire s’empêtrer entre petites frappes et policiers, tandis que d’autres artistes en goguette vont lui faire découvrir une jeune modèle dont il tombe amoureux..

Le trait noir de François Ayroles est superbe en lui-même. Mais il réussit aussi, sur fond de conversation muette, un superbe ballet primesautier avec ses personnages haut en couleur, tout entier taillé, cisaillé de noir et de blanc… C’est drôle, c’est grâve, c’est touchant !

Un magnifique album rocambolesque digne d’un Charlot des temps modernes !

Incertain silence de François Ayroles, L’association, collection « L’éperluette », Septembre 2001, 92 pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.