Articles Tagués ‘roman graphique’

Une chance sur un million

25 mai 2012

Couverture Une chance sur un million

Une leçon d’humanité!

Laia naît. Dès les première heures, les médecins s’affolent. Le diagnostic tombe: Laia est handicapée. Cris et Miguel, les dessinateurs, scénaristes mais avant tout les parents racontent ici les épreuves qu’ils ont eu à surmonter. Entre les examens médicaux, l’aide de la famille, des amis, les massages, le boulot, les regards intolérants, nous suivons ce couple tout au long des premières années de vie de Laia, une enfant rayonnante avec un regard enjôleur. Malgré un thème dur, redouté, les parents racontent ici avec simplicité et force leur histoire. Ce tome, plein d’émotions, nous apporte une vrai leçon d’humanité.

Les dessins s’alignent avec le ton employé: des lignes simples, des dessins en noir et blanc qui appuient la force des sentiments des personnages.

A lire, relire.

On retrouve des airs de “Pillules bleues” : la vie quotidienne d’un couple confronté à une rude épreuve mais aussi de l’ascension du haut mal” avec le combat des parents avec le handicap et la représentation ‘du mal’.

Une chance sur un million, (S : Miguel Giner Bou ; D : Cristina Duran) Dargaud, mars 2010

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une chance sur un million

From Hell

23 mai 2012

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Et si Jack l’éventreur était en réalité le médecin de la Reine Victoria agissant en service commandé pour remettre de l’ordre dans ce qui pourrait faire chuter la Couronne ?

Telle est l’hypothèse de cet extraordinaire album qui nous conduit à la suite de Frédéric Abberline, fraîchement promu à Scotland Yard, dans le quartier populaire de Whitechapel dont il connaît la misère et l’enfer…

Le dessin de Campbell fait de hachure recrée avec délectation les ambiances des quartiers londoniens des années 1890 et sait rendre de superbes plans fixes envoûtants.

Certes, cette grande fresque de 576 pages se mérite. Elle éprouve, elle demande du temps, de la patience. Mais quelle force sombre ! Quelle atmosphère ! Quelle psychologie ! C’est encore mieux qu’au cinéma !

From Hell (S : Alan Moore; D: Eddie Campbell), Delcourt, Collection “Contrebande”, octobre 2000, 576 pages

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Le Dérisoire

13 mai 2012

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Pour la surprise, la fascination et le plaisir des yeux !

Olivier Supiot a su ici offrir une couleur et une lumière digne d’un Mattotti, à l’univers onirique d’Eric Omond où les métaphores de la vie et de la mort nous font naviguer entre féerie resplendissante et morbide implacable. Mise en page, cadrage, format de l’album capturent un univers fantastique où l’atmosphère de plomb et de rouille est palpable…

L’histoire est celle d’un capitaine au navire inachevé, hanté par les fantômes des marins qui sont morts, et dont l’univers va basculer avec la croisière qu’organise une femme étrange.

Le Dérisoire (D : Olivier Supiot ; S : Eric Omond), Glénat, Collection « Carrément BD », avril 2002, 56 pages

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Perramus

1 mai 2012

La dictature militaire argentine dans toute sa sombre folie et sa sinistre dérision !

Le dessin d’Alberto Breccia façonne l’allégorie d’un univers plongé dans la censure et les réactions totalitaires. Sa maîtrise du noir et blanc rend ces pages fascinantes, envoûtantes : de véritables chefs d’œuvres graphiques.

Le lecteur se trouve happé par une gigantesque fresque onirique qui va le submerger comme les fantômes de l’oppression lorsqu’ils sont partout et embrouillent la réalité. La lecture se fait alors dense et décousue, à la suite de Perramus, homme sans mémoire…

C’est juste après la chute de la dernière junte militaire, sûrement la plus sanglante qu’ait connu l’Argentine, qu’Alberto Breccia réalise, avec le romancier Juan Sasturain, ce « cauchemar halluciné » de plus de trois cent planches. Au delà de l’Argentine, il entend s’attaquer à tout impérialisme, notamment avec la figure d’Henry Kissinger et son Superman offrant une soupe populaire au goût de Coca-Cola…

La Bande Dessinée faite œuvre d’art et de mémoire !

Perramus , Série Complète en 4 volumes (D : Alberto Breccia, S : Juan Sasturain), Glénat, collection « Grands Chapitres », d’octobre 1986 à septembre 1991

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Tout seul

30 avril 2012

Lu par Farff :

Un conte, un poème, je ne sais pas quel mot décrit le mieux cette BD où l’imagination est le personnage principal.  Seul dans un phare un homme vit sa vie… seul son dictionnaire lui permet de s’évader de sa prison…

On ne se lasse pas de relire cette BD, de l’ouvrir à une page au hasard pour y redécouvrir les planches comme le fait si bien le personnage de cette BD.

Très peu de texte, un trait fin en noir et blanc, ce sont les détails qui construisent la trame de cette histoire. Je la rapprocherais de “Là où vont nos pères” même si le dessin est très différent.

Si vous voulez vous évader, vous laisser entraîner par le rythme des vagues, plongez-vous dans ce conte !

Lu par Percevoir :

Des pages de silence, de vent et de temps. Des planches entières sans parole avec comme seul rythme la beauté répétitive des traits en noir et blanc, le travail des expressions, des attitudes des personnages.. Que cela fait du bien ! Quel art !

Ce nouvel album de Chabouté nous plonge dans l’énigme d’une vie dont le navire immobile est une phare. Son capitaine n’a jamais mis pied à terre, voguant à coup de mots trouvés au hasard d’un dictionnaire. 50 années au ras des flots, entre poissons, embruns et mouettes…

Merci à « Vents d’Ouest » d’accepter de publier de telles planches où le dessin de Chabouté peut prendre le rythme de cette atmosphère dans laquelle il nous convie d’entrer, de cet autre temporalité à laquelle il veut nous convier. L’encrage noir peut ainsi venir trancher à perte de blanches pages déployant en une densité palpable l’univers de ce phare.

Un chef d’œuvre sur l’énigme de l’humanité !

Tout seul de Christophe Chabouté chez Vents d’Ouest, paru en septembre 2008, 376 pages au format 17×24,5

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Maus

15 avril 2012

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Ces deux volumes sont devenus un classique de la Bande Dessinée, un classique à lire et à relire tant ces pages sont fortes d’émotion et de transmission.

L’auteur, Art Spiegelman, décide de mettre en dessin l’histoire de son père, survivant des camps de concentration nazis. Il choisit pour cela de dessiner les protagonistes de ce drame sous la forme d’animaux : les souris pour les juifs, les chats pour les allemands, les porcs pour les polonais… Il ne s’agit pas simplement d’un pieds de nez à Mickey, mais d’une réflexion sur l’animalité de l’homme.

Au lecteur de faire son travail d’appropriation aidé par la lucidité de l’auteur vis-à-vis des tics de son survivant de père, par la distance que les dessins arrivent à tenir face à tant d’horreurs innommables et irreprésentables, par la sobriété pleine d’humour des planches qui ne cherchent pas à prendre en otage.

Une œuvre majeure !

Maus d’Art Spiegelman édité chez Flammarion en janvier 1987 et octobre 1992

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Le journal de mon père

8 avril 2012

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Après “Quartier lointain”, nous continuons sur les mangas de Jirô Taniguchi. C’est une très belle entrée en matière pour les personnes non initiées aux mangas. Non, DragonBall Z n’est pas l’exemple type d’un manga !

Yoichi Yamashita revient dans son village natal pour la mort de son père, après 15 ans sans avoir donné de nouvelles. Relation père-fils, incompréhension du fils face au divorce, départ de la mère, un père qui se tue à la tâche… tout au long de la veillée funèbre, les membres de la famille relatent les souvenirs et font découvrir à Yoichi des facettes de son père inconnues de lui.

Grâce à ses dessins très fins tout en dégradé de gris et à des flashbacks très bien utilisés, Jirô Taniguchi nous entraîne dans cette histoire de famille touchante.

Le journal de mon père, de Jirô Taniguchi, chez Casterman 2004

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Le journal de mon père

Sous son regard

29 mars 2012

Un beau pavé de noir et blanc, directement issu du style Comics américain.

Marc Malès revisite ici avec beacoup de brillo une atmosphère policière sur fond d’intrigue psychologique, servie par un art narratif qui sait inverser les rapports humains et faire plonger son lecteur dans les abymes mystérieuses et troublantes d’une vie.

Jack Barton, un policier en fin de carrière, devant les réactions médusées de ses collègues, décide de prendre des jours de congés… Cela ne lui ressemble guère… mais, en fait, sa carrière approchant de sa fin, il veut résoudre une énigme qui le taraude depuis l’affaire du ”Gang Packard”

Jack Barton s’installe donc dans une petite ville perdue au fond des Etats-Unis des années 50, pour venir roder autour de Foster, un ancien braqueur qui a payé sa dette et semble s’être rangé…

Se tisse alors une superbge toile humaine où entre passé et présent, entre bien et mal, le lecteur tente de se laisser saisir par les mensonges de l’histoire, les fausses extrapolations qui minent une vie, les énigmes d’une existence qui se déchiffre à grands coups de passages bibliques

Donc : un superbe polar, mais aussi, un beau roman graphique aux magnifiques encrages contrastés.

Sous son regard, de Marc Malès, édité en octobre 2009 par Vents d’Ouest, 144 pages au format 22,8x 32,3 cm

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le Roi cassé

18 mars 2012

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Pour amateur de surréalisme !

Tragédie, humour, absurdité et réflexion tout s’entremêle le temps de cet album où la mort, écoeurée par tant de massacres, propose de modifier le cours de l’histoire !

Nous sommes à quelques minutes de l’armistice et nous assistons à la mort de la dernière victime de la guerre des tranchées. Simon Virjusse n’en est qu’au début de ses surprises qui vont l’embarquer dans d’étranges stratégies gouvernementales, militaires et métaphysique.

Si la mort, elle, a fait une erreur, Nicolas Dumontheuil, lui, signe un ouvrage très plaisant et très attachant pour les lecteurs qui accepteront de se laisser dérouter par les caprices du destin !

Le Roi cassé, de Nicolas Dumontheuil, Casterman collection « Univers d’auteurs », août 2005, 96 Pages

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Abdallahi

27 février 2012

Ces pages sont une libre reprise du voyage qu’entreprend René Caillié, en 1824, pour rejoindre, en traversant l’Afrique, la ville alors interdite et donc mythique de Tombouctou.

Les pages peintes en couleurs directes sont de toute beauté, respirant la chaleur moite et poussiéreuse, rendant la luminosité brûlante du désert, plongeant à même la folie du pèlerin solitaire.

Le récit suit l’attente de celui qui doit d’abord se confondre dans une tribu musulmane pour mieux se faire passer pour Abdallahi, « le serviteur de Dieu », fils d’Égyptien enlevé par les Blancs, esclave affranchi qui veut retourner sur sa terre natale. Il y a la longue marche de 4.500 kilomètres, le menant d’Alger jusqu’en Ethiopie, avec la rencontre des négriers, le compagnonnage d’Arafanda. Il y a la confrontation de l’homme avec lui-même, avec la foi et les démons qu’ils s’inventent…

Une jubilation pour les yeux, un grand moment d’histoire et une belle interrogation sur l’homme !

Abdallahi, Série complète en 2 Tomes (S : Christophe Dabitch ; D : Jean-Denis Pendanx) chez Futuropolis, T.1 édité en février 2006, T2 édité en novembre 2006 (88 pages et 96 pages)

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