Articles Tagués ‘noir et blanc’
31 mai 2012
Etienne Davodeau fait revivre à travers ses personnages très attachants le monde ouvrier et ses combats dans la région des Mauges (d’où l’origine du titre de l’album), une région située entre Nantes, Angers et Cholet. Marie-jo et Maurice racontent leur enfance pauvre mais heureuse où le travail des jeunes commençait dès l’age de 14 ans en usine ou chez un patron.
Nous suivons au cours de la lecture l’évolution des idées dans cette région rurale, catholique et ouvrière dans les années 50 jusqu’aux années 80. L’arrivée d’un jeune prêtre va bouleverser leur vie. Il leur fait comprendre qu’ils ne doivent que compter sur eux pour s’en sortir et améliorer leur sort. Ils se lancent dans la J.O.C. Ils découvrent la mer et le syndicalisme.
Les dessins en noir et blanc sont expressifs et rendent, tel un reportage, cette atmosphère rurale de petit village retranché mais où l’entraide est sûre. Le texte se lit facilement. L’auteur n’oublie pas de nous informer des évènements marquants au point de vue religieux, historique et technique. Le tout est un régal où l’ennui n’a pas sa place.
C’est une belle tranche de vie qui témoigne avec respect et tendresse de l’évolution de toute une génération.
Les mauvaises gens d’Etienne Davodeau, Delcourt, Collection « Encrages », août 2005, 185 pages
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Tags :autobiographie, Concile, Delcourt, Eglise, Encrages, Etienne Davodeau, Histoire, JAC, JOC, Mauges, mémoire, noir et blanc, patrenalisme, patron, politique, prètres ouvriers, réflexion, société, soutane, syndicalisme, Vatican II
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29 mai 2012

L’île Zémirah, avec ses escaliers, ses échoppes offre une escale orientale à un gigantesque supermarché flottant qui vient y lancer sa grande quinzaine commerciale. Deux porteurs de marchandises, un nain et un ours blanc vont alors croiser une poupée mystérieuse qui fuit la transaction dont elle est la monnaie d’échange…
Le noir et blanc des pages, les personnages et les ruelles de l’île se transforment en un conte de fée féroce où l’esprit mercantile est dénoncé avec poésie et espièglerie. L’esprit d’enfance y côtoie les clins d’œil culturels.
Cette œuvre pourra désarçonner ceux qui n’acceptent pas de couper les ponts et de se laisser aller dans un univers improbable. Pour les autres ce sera un enchantement étonnant.
Une BD idéale pour accompagner ces temps de vacances où l’on se décroche de monde habituel pour se laisser embarquer vers d’autres horizons !
Kady, de Kokor, Vents d’Ouest, janvier 2001, 116 pages
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Tags :aventure, commerce, Conte de fée, grande distribution, grande surface, Kokor, marchandise, nain, noir et blanc, ourse, port, publicité, rêve, Vents d'Ouest
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23 mai 2012
Et si Jack l’éventreur était en réalité le médecin de la Reine Victoria agissant en service commandé pour remettre de l’ordre dans ce qui pourrait faire chuter la Couronne ?
Telle est l’hypothèse de cet extraordinaire album qui nous conduit à la suite de Frédéric Abberline, fraîchement promu à Scotland Yard, dans le quartier populaire de Whitechapel dont il connaît la misère et l’enfer…
Le dessin de Campbell fait de hachure recrée avec délectation les ambiances des quartiers londoniens des années 1890 et sait rendre de superbes plans fixes envoûtants.
Certes, cette grande fresque de 576 pages se mérite. Elle éprouve, elle demande du temps, de la patience. Mais quelle force sombre ! Quelle atmosphère ! Quelle psychologie ! C’est encore mieux qu’au cinéma !
From Hell (S : Alan Moore; D: Eddie Campbell), Delcourt, Collection “Contrebande”, octobre 2000, 576 pages
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Tags :Alan Moore, Contrebande, Delcourt, Eddie Campbell, Jack l'éventreur, Londres, noir et blanc, Reine Victoria, roman graphique, tueur
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17 mai 2012
458 pages de bonheur à lire !
Château l’Attente c’est ce château que le Prince Charmant a laissé à l’abandon lorsqu’il a réveillé la Belle au Bois Dormant.
Car c’est de conte qu’il s’agit ici, pour petits et grands.
Au début Linda Medley retisse le fil de « la Belle au Bois dormant » puis profite de ce château isolé pour en faire un havre de paix où viennent se nouer et se défaire d’autres contes en d’autres personnages inattendus. Il y a bien sûr les trois anciennes dames de compagnie de la Belle mais aussi : Rackham, l’intendant à tête de cigogne du château, Sir Chess, un chevalier à tête de cheval qui trouve là le repos entre deux aventures, Soeur Paix, une nonne à barbe, dont l’ordre, les Sollicitines, repose sur le miracle de Sainte Wilgeforte.
Au gré des contes, l’auteur nous livre de belles leçon d’humanité et de bonté.
Attention, cependant, ce n’est ni « Garulfo » ni « les Trois Ombres »… plutôt du « Bone » pour la simplicité du dessin qui réussit bien à faire du quotidien un lieu de magie et d’enchantement !
Ceux qui ont encore un esprit d’enfant passeront un long moment plein de charme et de finesse !
Château l’attente, de Linda Medley, chez « ça et là » Novembre 2007, 458 pages au format 15×22 cm
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Tags :ça et là, Belle au Bois dormant, château, conte, enfance, féminisme, femme à barbe, Linda Medley, noir et blanc, Sainte Wilgeforte, soeurs, sorcières
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3 mai 2012

En avril 2008, les éditions Mosquito ont réédité l’album de Dino Battaglia sur des nouvelles et des récits de Maupassant. L’atmosphère unique de cette écriture est magiquement servie, rendue, prolongée par les dessins en noir et blanc de Battaglia, un des grands maîtres italiens de la BD transalpine, à l’œuvre aussi typée que celle de Sergio Toppi ou de Guido Crepax.
Vous y retrouverez Mademoiselle Fifi, Boule de suif, Mère Sauvage, et les sauvageries banales, étranges, quotidiennes de la guerre de 70 avec des cadrages, des dégradés superbement évocateurs !
Maupassant de Dino Battaglia chez Mosquito, avril 2002 réédité en avril 2008, 108 pages (23×30)
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Tags :Boule de Suif, contes, Dino Battaglia, Guerre de 70, Mademoiselle Fifi, Maupassant, Mère Sauvage, Mosquito, noir et blanc, prussiens
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30 avril 2012

Lu par Farff :
Un conte, un poème, je ne sais pas quel mot décrit le mieux cette BD où l’imagination est le personnage principal. Seul dans un phare un homme vit sa vie… seul son dictionnaire lui permet de s’évader de sa prison…
On ne se lasse pas de relire cette BD, de l’ouvrir à une page au hasard pour y redécouvrir les planches comme le fait si bien le personnage de cette BD.
Très peu de texte, un trait fin en noir et blanc, ce sont les détails qui construisent la trame de cette histoire. Je la rapprocherais de “Là où vont nos pères” même si le dessin est très différent.
Si vous voulez vous évader, vous laisser entraîner par le rythme des vagues, plongez-vous dans ce conte !
Lu par Percevoir :
Des pages de silence, de vent et de temps. Des planches entières sans parole avec comme seul rythme la beauté répétitive des traits en noir et blanc, le travail des expressions, des attitudes des personnages.. Que cela fait du bien ! Quel art !
Ce nouvel album de Chabouté nous plonge dans l’énigme d’une vie dont le navire immobile est une phare. Son capitaine n’a jamais mis pied à terre, voguant à coup de mots trouvés au hasard d’un dictionnaire. 50 années au ras des flots, entre poissons, embruns et mouettes…
Merci à « Vents d’Ouest » d’accepter de publier de telles planches où le dessin de Chabouté peut prendre le rythme de cette atmosphère dans laquelle il nous convie d’entrer, de cet autre temporalité à laquelle il veut nous convier. L’encrage noir peut ainsi venir trancher à perte de blanches pages déployant en une densité palpable l’univers de ce phare.
Un chef d’œuvre sur l’énigme de l’humanité !
Tout seul de Christophe Chabouté chez Vents d’Ouest, paru en septembre 2008, 376 pages au format 17×24,5
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Tags :Christophe Chaboute, chronique sociale, dictionnaire, image, imagination, marin, mer, noir et blanc, phare, poésie, roman graphique, silence, solitude, Vents d'Ouest
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23 avril 2012
Chronique d’une journée de 1984 passée à attendre le retour de ses parents dans l’entrée d’un appartement sur la ligne de démarcation à Beyrouth Est en pleine guerre…
Cette guerre a déjà six ans lorsque Zeina Abirached nait au Liban, sur cette ligne verte qui sépare les quartiers Est et Ouest. Elle nous raconte une vie entre conteneurs et sacs de sable, où les habitants d’un immeuble se retrouvent dans une pièce minuscule couverte d’une tenture géante pour vivre, pour survivre, avec le bruit des obus qui partent et qui tombent, la tonalité capricieuse du téléphone, le souvenir de la vie d’avant, le rêve ou le refus d’un départ.
Le graphisme en noir et blanc, tout en rondeur faussement naïve, pourrait faire penser, à premier regard, à celui de Marjane Satrapi dans Persépolis. C’est en effet le même enjeu autobiographique d’une jeune femme qui raconte… Mais, la comparaison s’arrête là : le huit clos dans l’immeuble impose ici un autre rythme, comme une lenteur palpable qui induit une sobriété, un statisme, en une géométrie de ronds et de carrés remarquable.
C’est une intimité qui nous accueille le temps d’une nuit.
Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles de Zeina Abirached, Ed Cambourakis, Octobre 2007, 186 pages 24cm x 16cm
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Tags :Autographie, Cambourakis, culture, exil, guerre, huit clos, Liban, ligne de démarcation, noir et blanc, Zeina Abirached
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20 avril 2012

“J’avais envie de traiter le penchant pour la cruauté que peut avoir l’être humain“
Grégory Mardon est avant tout connu pour ses chroniques urbaines et intimistes. Il a su conquérir son public avec des récits comme « Corps à Corps » ou « Incognito ». En abordant un conte moyenâgeux, l’auteur conserve son art de l’atmosphère, sa capacité à suggérer ce qui hante nos êtres intérieurs.
Ses planches en noir est blanc sont les sombres enluminures des aventures d’un orphelin à la violence encore inassouvie. Les riches heures de ses conquêtes n’éteindront jamais la source sombre de sa fougue guerrière. Le destin est aussi cruel que facétieux lorsqu’il s’agit de trouver le repos de âme !
Grâce au dessin, ce conte a la force et les accents de l’expressionnisme allemand auquel Grégory Mardon se réfère explicitement : quelle terrifiante leçon !
Du grand art : pour le dessin comme pour la narration !
Le Fils de l’Ogre de Grégory Mardon édité chez Futuropolis, en janvier 2009, 72 pages (21,5 x 29 cm)
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Tags :adolescence, conte, cruauté, Drame, expressionnisme, Futuropolis, Grégory Mardon, lavis, médiéval, Moyen Age, noir et blanc, violence
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15 avril 2012

Ces deux volumes sont devenus un classique de la Bande Dessinée, un classique à lire et à relire tant ces pages sont fortes d’émotion et de transmission.
L’auteur, Art Spiegelman, décide de mettre en dessin l’histoire de son père, survivant des camps de concentration nazis. Il choisit pour cela de dessiner les protagonistes de ce drame sous la forme d’animaux : les souris pour les juifs, les chats pour les allemands, les porcs pour les polonais… Il ne s’agit pas simplement d’un pieds de nez à Mickey, mais d’une réflexion sur l’animalité de l’homme.
Au lecteur de faire son travail d’appropriation aidé par la lucidité de l’auteur vis-à-vis des tics de son survivant de père, par la distance que les dessins arrivent à tenir face à tant d’horreurs innommables et irreprésentables, par la sobriété pleine d’humour des planches qui ne cherchent pas à prendre en otage.
Une œuvre majeure !
Maus d’Art Spiegelman édité chez Flammarion en janvier 1987 et octobre 1992
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Tags :Allemagne, animalier, Art Spiegelman, Auschwitz, biographie, camps de concentration, Flammarion, guerre, Histoire, nazis, noir et blanc, Pologne, roman graphique
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11 avril 2012

Dans sa collection « Mini-intégra », Vents d’Ouest réédite deux courts récits de Christophe Chabouté, deux récits où l’enfance bascule…
La palette noir et blanc de Chabouté, accompagne à petites touches ce qui soudain se transforme le temps d’un été, le temps d’une rencontre.
Dans « Quelques jours d’été » les planches rendent palpables ces instants où la campagne dévoile sa cruauté envers les lapins, ses histoires de sorcières et le secret de ses rivières. Avec « Un îlot de bonheur » la qualité des encrages, l’art de l’espace et du silence font participer le lecteur à l’éveil qui naît d’un dialogue sur un banc entre un clochard qui fuit son passé et un enfant qui recherche le calme entre deux disputes de ses parents.
L’ensemble est tendre, sensible, silencieux et touchant.
Une belle pause de lecture, malgré le format plus réduit de l’album…
Quelques jours d’été – Un îlot de bonheur de Christophe Chabouté, Réédition en avril 2009 dans la collection « Mini-intégra » chez Vents d’Ouest, 155 planches format 24,5×17 cm
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Tags :adultes, Christophe Chaboute, clochard, enfance, harmonica, noir et blanc, parents, pêche, rivière, SDF, silence, Vents d'Ouest
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