Articles Tagués ‘amour’

Le Lama Blanc

13 février 2012

Cette série de six albums raconte l’histoire de Gabriel Marpa, un occidental blanc qui, à la mort de ses parents, va se trouver pris dans le destin du Tibet. Le récit de cet enfant, élevé dans la culture tibétaine, mêle aventure, magie, religion et mythe avec en toile de fond l’invasion à venir du Tibet par la Chine.

Les passions des différents personnages vont être le moteur du drame qui se noue : soif de pouvoir, cupidité, vengeance mais aussi fidélité, amour et sacrifice. L’univers tibétain se manifeste par la place de la réincarnation, des prophéties tirées des livres sacrés et par les rites de l’ancienne religion. Il y a aussi place pour la fantaisie de l’auteur notamment dans les manifestations extraordinaires de tout ordre.

Ce récit, prenant, nous fait vibrer et on ne le lâche plus, tellement la trame narrative est riche et se continue d’album en album. Il existe d’ailleurs une édition en un volume qui nous livre bien un unique récit.

Le dessin accompagne au mieux les actions, les manifestations magiques et les sentiments des différents acteurs. Les couleurs nous mettent dans l’ambiance du Tibet : couleurs chaudes pour les robes des moines, blanc et bleu pour les montagnes, violet ou vert des manifestations magiques.

Tibet réel ou Tibet rêvé, la rencontre des deux est une réussite à mettre à l’actif de Jodorowsky et de Bess.

Le lama blanc, histoire en six tomes : Le Premier pas; La Seconde vue; Les Trois oreilles; La Quatrième voix; Main fermée, Main ouverte; Triangle d’eau, Triangle de feu  (D : Georges Bess; S : Alexandro Jodorowsky) édités en version intégrale chez Humanoïdes Associés

Pour acheter l’intégrale sur Amazon, cliquez ici.

Merci à Igor pour cette nouvelle contribution !

Blankets, manteau de neige

12 février 2012

blankets-cv.jpg

Craigh Thompson nous offre un beau roman graphique largement inspiré de sa vie. Dans cette bande dessinée très épaisse, le narrateur nous retrace son itinéraire adolescent.

Issu d’une famille modeste et puritaine dans l’Amérique profonde, ce garçon humilié par ses camarades découvre lors d’une colonie de vacance les effets d’un premier émoi amoureux. Il rencontre Raina, une fille de son âge qui permet de faire éclore en lui une vie trop étouffé par l’étroitesse religieuse de son milieu. Malheureusement son histoire d’amour restera sans lendemain sans grande raison, et rien ne sera plus comme avant…

Par un jeu de flash-back, nous découvrons la vie du héros en promiscuité avec son frère, ses traumatismes d’enfance et la voie de libération qu’il va tracer loin d’une vocation de pasteur qu’on veut lui imposer. Petit à petit il va devenir lui-même loin de l’univers irrespirable de sa ville natale et se consacrera au dessin.

Ce récit est magnifiquement servi par un dessin en noir et blanc qui réussit merveilleusement à transmettre les sentiments intimes du héros. Ce livre est fabuleux, et son jeune auteur mérite d’être suivi de près par ceux qui auront apprécié son style si personnel.

Blankets, manteau de neige, de Craig Thompson, Casterman, Collection « Ecritures », mars 2004, 582 pages.

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

Billet de lecture envoyé par BenCop ! Merci de sa contribution !

blankets-pl.jpg

Betty Blues

12 janvier 2012

Betty Blues reçut le prix du premier album du festival d’Angoulême en 2004. Ce succès a pu desservir cet album tout en atmosphère, certains lecteurs s’attendant à un album plus « léché », à un scénario plus dense. Ils sont alors passés à côté de la douceur et de la lenteur d’un récit tout en déprime « jazzy », le récit d’une déception amoureuse avec ce que cela veut dire de dégoût de la vie et de volonté de repartir à zéro.

Rice le canard est un trompettiste passionné de jazz et tandis qu’il se défonce sur la scène, sa femme part avec un riche client. Il décide alors de tout plaquer, à commencer par son instrument de musique, le cœur brisé.

Le griffonné du dessin est très évocateur de la noirceur de cet itinéraire, ce que soulignent parfois de superbes aplats de hachures ou la colorisation de Anne Claire Jouvray.

Avec Betty la perruche, Bowen le hibou, ces 80 pages sont le temps d’un récit tout en spleen et en nouveau regard sur la vie.

A redécouvrir pour mieux se laisser toucher…

Betty Blues de Renaud Dillies aux Editions Paquet, Collection « Blandice », août 2003, 80 pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

Pilules Bleues

20 décembre 2011

Cet album est un chef d’œuvre d’intimité !

Si vous aimez ce genre autobiographique, si vous acceptez la beauté austère d’une histoire qui ne peut tolérer la fausse pudeur ni l’exhibitionnisme racoleur… alors Frederik Peeters vous offre un autre regard sur la vie à travers un couple qui se forme et affronte ensemble la séropositivité.

Les planches en noir et blanc sont épurées, lumineuses mais tendues. Les personnages y gagnent une étonnante intensité expressive avec les grands yeux de Cati, le regard très impressionnant, exorbité, de son enfant.

Une grande tendresse s’en dégage avec humour, profondeur et poésie. Les dialogues sont aussi d’une extraordinaire finesse, délicate, attachante… jusque dans la rencontre d’un Mammouth !

Un monument de vie !

Pilules Bleues de Frederik Peeters chez Atrabile, collection « Flegme », octobre 2001, 190 pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

le bar du vieux français

12 décembre 2011

bar-cv.jpg

Cet album a la beauté et l’émotion de deux destins qui se croisent en un conte de fée moderne où la dureté des vies ne s’enferme pas sur elle-même. Célestin, orphelin africain, cède à l’appel du Nord et quitte sa tribu tandis que Leila, fille des cités d’Europe, étouffe et part pour retrouver ses racines vers le Sud. Deux fugues qui vont se croiser dans la bar d’un vieux français…

Les traits denses, épais, du dessin lourd et chaud, avec ses aplats de couleurs, dessinent une atmosphère à l’ “africaine “, faussement naïve, sur la fuite de personnages aux regards comme hypnotisés des dessins d’Ethyopie…

Derrière le choc des cultures… un extraordinaire moment de liberté et d’humanité…

Le bar du vieux français, (S : Denis Lapière, D : Jean-Pierre Stassen) Dupuis, collection « Aire libre », septembre 1999 pour la version intégrale.

Pour acheter la version intégrale sur Amazon, cliquez ici.

bar-pl.jpg bar-pl-2.jpg

Presque le Paradis

5 décembre 2011

On ne s’attendrait pas à découvrir la Toscane avec la trame d’un tel dessin noir et blanc !

Comme si la lumière se faisait soudain fragile dans cette petite ville de Montepulciano lorsqu’il s‘agit de raconter les passions humaines prises entre la violence et le fascisme.

L’univers graphique du croate Danjiel Zezelj, né en 1966 à Zagreb, impose ici une atmosphère d’oppression et en même temps d’enchantement au quotidien qui donne à cette histoire d’amour les dimensions lumineuses des Roméo et Juliette de toujours.

Comme s’il s’agissait ici d’aider le lecteur à croire en la vie malgré les hommes, avec leur guerre, leur bassesse aussi violente que désespérée…

La vie au goût lumineusement amer d’une pâtisserie en spirale d’escargot… ?

Presque le Paradis, de Danjiel Zezelj, Mosquito, avril 2003, 64 pages

Les funérailles de Luce

1 décembre 2011

fun-luc-cv.jpg

Les belles pages en noir et blanc de Benoît Springer offrent leur tendresse et leur plage de silence à une petite fille pleine de vie qui passe ses vacances chez son grand-père, ancien garagiste qui vend ses légumes au marché.

Les expressions de son visage font partager aux lecteurs ce qu’elle éprouve lorsqu’elle voit ce que personne d’autre ne sait regarder : une autre petite fille mais drapée de noir qui vient cueillir les âmes de ceux qui vont mourir.

80 pages au large format (23 sur 32) nous font ainsi entrer de manière très attachante, dans cette initiation à la mort. Nous nous approchons avec Luce de ce moment où la vie se dévoile fragile et douloureuse. Un bel album dont on a de cesse de s’imprégner, encore et encore.

Les funérailles de Luce, Benoît Springer, Vents d’Ouest, janvier 2008, 80 pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

fun-luc-pl-2.jpg

R 97 Les hommes à terre

16 septembre 2011

R 97 c’est «  La Jeanne », un porte hélicoptères de la marine française. qui sert de bâtiment école pour l’Ecole d’application des officiers de Marine.

Depuis 1964, ce bâtiment fait le tour du monde… et c’est à cette navigation que nous convie Bernard Giraudeau. Nous suivons les découvertes d’un jeune matelot, un « bouchon gras », Théo Laurens, arpète affecté aux machines. C’est avec ses yeux imprégnés de Conrad, de Rimbaud ou d’Henry de Monfreid que nous découvrons les paysages marins, les escales, les contrées lointaines.

Le texte a souvent la force poétique des auteurs du grand large. La magie mystérieuse du dessin sobre de Christian Cailleaux renforce l’attention du lecteur à cet itinéraire intime et paradoxal d’une vie au lointain, cloîtrée entre hommes dans les flancs du bateau et projetée à terre dans les milles senteurs et aventures des pays croisés.

Un moment de lecteur dense, riche, intérieur… à l’image de ceux de la Royale !

R97, les hommes à terre (D : Christian Cailleaux, S : Bernard Giraudeau), Casterman, collection « Univers d’auteurs », avril 2008, 112 pages (24,3×30)

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

Le sang des Valentines

9 septembre 2011

sang-valentines-cv.jpg

Comme dans toutes les œuvres de Christian de Metter, il y a d’abord la beauté de ses planches : les couleurs directes, le ton pastel de certains passages, les lettres illustrées qui donnent leur nom à cet album. C’est dans une atmosphère que le lecteur se trouve plongé, à fleurs même des émotions des personnages. Les pages se hissent vers l’œuvre d’art.

De retour des tranchées de 14-18, Augustin apprend que son épouse est décédée. Ils avaient pourtant échangé de longues lettres durant toute la guerre. Il découvre alors quelle autre femme a entretenu cette correspondance abondante du loin de ses Pyrénées natales…

Par delà un scénario très sombre, par delà la mort et la souffrance, c’est une école de tendresse qui attend le lecteur de cette histoire

Le sang des Valentines (D : Christian De Metter ; S : Catel) , Casterman, Collection « Univers d’auteurs », janvier 2004, 56 pages

Pour acheter ce tome sur Amazon, cliquez ici.

sang-des-valentines-pl.jpg

A la recherche de Peter Pan

24 août 2011

L’hiver 1930 dans les Alpes valaisannes… Le glacier menace de céder et le village de montagne doit être évacué. Dragan, un célèbre écrivain londonien, décide de rester. Pour trouver l’inspiration ? En mémoire de son frère pianiste ? A la recherche de cette jeune femme se baignant dans un lac d’eau chaude ?

Tout ici se vit au rythme de la montagne et de la neige.

L’histoire humaine se fait contemplation pour le lecteur qui sait prendre son temps, s’arrêter, randonner, respirer avec les planches magiques, envoûtantes de Cosey.

Ce diptyque d’abord publié en 1985 a été repris en version intégrale par les éditions du Lombard pour inaugurer la renaissance de sa collection Signé. L’éditeur savait qu’il pouvait compter sur ce chef d’œuvre… Il n’a pas été décu !

Un des sommets de Cosey !

A la recherche de Peter Pan, Cosey, le Lombard, édité en août 1984 et en janvier 1985, réédition en version intégrale dans la collection « Signé » en septembre 2007, 135 pages

Pour acheter le tome 1 sur Amazon, cliquez ici.
Pour acheter le tome 2 sur Amazon, cliquez ici.


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.