Archive pour la catégorie ‘One-shot’

Lune de guerre

26 février 2012

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Une tranche de société à l’aigre doux !

Deux grands noms de la Bande Dessinée pour un album qui a séduit de nombreux lecteurs tant le dessin d’Hermann met en scène avec force les caractères trempés qui s’affrontent progressivement.

Au cours d’un mariage, le père de la marié reproche au restaurateur de leur servir des tomates dont les crevettes ne sont pas fraîches… ce qui va s’envenimer avec des séquestrations dans les toilettes et exploser en drame… Les mécanismes de la tragédie sont rendus dans leurs enchaînement implacables.

La bêtise humaine, avec ses calculs, ses susceptibilités, trouve ici un album saisissant, hélas très convainquant…

Lune de guerre, (S : Van Hamme ; D : Hermann) Dupuis, Collection « Aire Libre », janvier 2000

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Le voyage

24 février 2012

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Certaines de ces planches en noir et blanc vous resteront dans les yeux tant le graphisme de Baudoin sait rendre palpable ce que vivent ses personnages en lien avec leur environnement.

L’histoire, elle, vous restera dans le coeur tant l’itinéraire de cadre parisien, qui plaque tout, est attachant de découvertes rudes, belles, sensuelles, émouvantes.

Baudoin a fait là oeuvre de poésie et d’humanité : un grand moment tracé à l’encre noire sur 198 pages !

Le Voyage, Edmond Baudoin, L’Association, collection Ciboulette, septembre 1996, 198 pages

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La 27e lettre

21 février 2012

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Pendant que le nazisme gangrène tout à Berlin, un enfant des rues va trouver refuge dans une maison close de luxe. Ce monde va l’aider à grandir comme lui-même va aider ce petit monde grâce à son don pour rêver et pour raconter.

Cet album fonctionne comme un piège pour son lecteur. L’histoire a le ton simple et clair de ses dessins. Derrière ce qui pourrait n’être que naïveté, se joue le drame d’une histoire et d’une vie… car chacun sait que dans les camps de concentrations nazis il n’y avait pas de place pour les belles histoires qui se finissent bien !

Une belle leçon pour ceux qui croient au pouvoir des mots et du récit !

La 27e lettre (D : Will, S : Stephen Desberg) chez Dupuis, Collection  « Aire Libre », juin 1990, 56 pages

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Super Spy

18 février 2012

340 pages pour renouer avec le mystère de l’espionnage…

S’il est devenu à la mode de parler de roman graphique pour un album de BD… eh bien Super spy mérite véritablement cette appellation : par son graphisme, par les destins croisés qu’il s’ingénie à mêler d’un court chapitre à l’autre, tissant une incroyable toile d’araignée où personnages et lecteur sont lentement englués, capturés.

340 pages pour évoquer les missions dangereuses, naïvement héroïques ou insensément banales durant la deuxième Guerre Mondiale. 340 pages pour évoquer le Caire, Stalingrad, le temps d’une infiltration, le temps d’une rencontre. 340 pages aux couleurs d’un autre temps passé qui ne vous laisseront pas au bout de vos surprises !

Un gros livre qui a la délicieuse saveur des vieux films des années cinquante… à vous de voir si vous voulez le lire dans l’ordre des pages ou dans celui des dossiers !?!

Super spy de Matt Kindt aux éditions Futuropolis, août 2008, 336 pages (14,5×21 cm)

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La fin du monde

17 février 2012

Pierre Wazem offre un merveilleux récit intimiste, mélancolique et plein de rêve éveillé.

Comme il sait le faire avec le scénario de Koma, le monde adulte est renvoyé à son enfance, au secret que sa mémoire a voulu enfouir, avec la complicité des adultes. Plus que la fin du monde, c’est la fin d’un monde familial qui nous est ici livrée grâce au pacte que la mort va signer avec le chat de la maison…

Les planches de Tom Tirabosco, faites de tons noirs et blancs rehaussés de légers aplats bleus appliqués à l’ordinateur créent un extraordinaire univers de craie sur un tableau bleu. Le quotidien en devient fantastique et transforme la lecture de cet album en un voyage onirique et intérieur où certaines vignettes recèlent une force étonnante, saisissante de présence.

Un véritable bijou où fiction rime avec émotion !

La fin du monde (D : Tom Tirabosco ; S : Pierre Wazem), Futuropolis, août 2008, 120 pages (20x29cm)

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Blankets, manteau de neige

12 février 2012

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Craigh Thompson nous offre un beau roman graphique largement inspiré de sa vie. Dans cette bande dessinée très épaisse, le narrateur nous retrace son itinéraire adolescent.

Issu d’une famille modeste et puritaine dans l’Amérique profonde, ce garçon humilié par ses camarades découvre lors d’une colonie de vacance les effets d’un premier émoi amoureux. Il rencontre Raina, une fille de son âge qui permet de faire éclore en lui une vie trop étouffé par l’étroitesse religieuse de son milieu. Malheureusement son histoire d’amour restera sans lendemain sans grande raison, et rien ne sera plus comme avant…

Par un jeu de flash-back, nous découvrons la vie du héros en promiscuité avec son frère, ses traumatismes d’enfance et la voie de libération qu’il va tracer loin d’une vocation de pasteur qu’on veut lui imposer. Petit à petit il va devenir lui-même loin de l’univers irrespirable de sa ville natale et se consacrera au dessin.

Ce récit est magnifiquement servi par un dessin en noir et blanc qui réussit merveilleusement à transmettre les sentiments intimes du héros. Ce livre est fabuleux, et son jeune auteur mérite d’être suivi de près par ceux qui auront apprécié son style si personnel.

Blankets, manteau de neige, de Craig Thompson, Casterman, Collection « Ecritures », mars 2004, 582 pages.

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Billet de lecture envoyé par BenCop ! Merci de sa contribution !

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Dix de Der

10 février 2012

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Humour et tragique se croisent une fois de plus sous le pinceau de Comès.

En un zeste de communication vers l’au-delà, les Ardennes et la contre-offensive allemande sont l’occasion pour une nouvelle réflexion sur la vanité des conflits et sur les hommes qui s’y broient.

Avec son monde en noir et blanc, ses encrages aux effets lumineux, Comès nous met au diapason de trois fantômes qui attendent dans leur trou un quatrième protagoniste qui leur permettrait de faire une belote. Les dialogues se font savoureux et métaphysiques, accompagnant le lecteur dans cette descente au pays de la mort joyeuse.

« Et Dieu dans tout ça ? » interroge un des corbeaux… tandis que le Christ triche aux cartes… A savourer sous la neige qui tombe…

« Dix De Der » de Didier Comès chez Casterman, Octobre 2006, 56 pages

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Les derniers corsaires

9 février 2012

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Le dessin avec ses variations de tons entraîne immédiatement le lecteur dans un monde d’autrefois : celui d’un sous-marin anglais durant la Deuxième Guerre mondiale. S’inspirant de faits réels, le huit clos et le contexte des combats offrent une réflexion sur la confrontation des tempéraments entre le capitaine Wallis et son second Wolf, sur le drame des choix et des devoirs d’un commandant.

Pression, ambition, stratégie sont au rendez-vous dans un graphisme qui rappelle celui de Blain et une atmosphère à la « Black et Mortimer ». Le roman d’aventure s’approfondit en un drame psychologique où l’honneur s’offre une seconde chance…

Voilà une superbe entrée dans la BD québécoise, avec un dossier final qui ouvre de façon surprenante la destinée tragique du « Thorn »…

Les derniers corsaires, (D : Jocelyn Houde; S : Marc Richard), Edition de La Pastèque, avril 2006, 62 pages

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Un homme est mort

8 février 2012

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Le réalisme de Davodeau fait merveille une fois de plus pour nous donner d’entrer dans une aventure humaine : René Vautier, recherché par la police car cinéaste engagé, est mandaté par la CGT pour tourner un documentaire dans la tourmente sociale des mouvements ouvriers de 1950. Le 17 avril, à Brest, la police tire sur la foule faisant un mort.

Les auteurs s’attachent alors à décrire le tournage du film qui va s’en suivre, son montage précaire et surtout sa projection nocturne aux quatre coins de la ville assiégée. Derrière ce devoir de mémoire, c’est la violence et la détermination qui sont rendues palpables, l’abattement et l’engagement. Il y a le poème d’Eluard, “Au rendez-vous allemand” et le silence extraordinaire de certaines planches.

Jamais un travail didactique n’a été aussi poétique ! L’émotion si politique !

Un homme est mort, (D : Etienne Davodeau ; S : Kris) Futuropolis/Gallimard, Octobre 2006, 80 pages

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300

2 février 2012

Pour le plaisir des yeux, pour découvrir le graphisme unique de Frank Miller…

300 reprend en l’adaptant le récit de la résistance héroïque de Sparte face à l’invasion perse : la fameuse bataille du défilé des Thermopyles. Xerxès le roi-dieu, avec ses guerriers innombrables, veut faire plier la Grèce, terre de liberté et de démocratie. 300 guerriers d’élite, avec à leur tête le roi Léonidas, se tiendront dans le combat, inflexibles dans la mort et la gloire.

Les plans de Frank Miller, extraordinairement mis en couleur par Lynn Varley, sont somptueux de cadrage, de découpage, de mise en dynamique. Le jeu des répétitions force l’énergie brutale de ces planches et campe de façon saisissante la violence de ce combat. Son travail du noir rehausse les mouvements, les détails.

Ici c’est tout le trouble de la force et de la violence qui éclate en une réflexion insidieuse sur le fascisme et le fanatisme.

300 de Frank Miller édité chez Rackham, janvier 1999, 96 pages

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